Diabète et impuissance : ce qu’il faut savoir
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Le diabète et la dysfonction érectile peuvent être génétiquement liés

De nouvelles recherches, publiées dans l’American Journal of Human suggèrent qu’une susceptibilité génétique au diabète de type 2 peut être une cause de dysfonction érectile.

La dysfonction érectile (DE) touche environ 30 millions d’adultes aux États-Unis.
Il y a plusieurs facteurs de risque, dont l’âge avancé, le surpoids et le tabagisme.

Certaines affections comme le diabète, certaines maladies cardiovasculaires, ainsi que les maladies chroniques du foie constituent également des facteurs augmentant le risque de DE.

Selon les National Institutes of Health (NIH), le risque de souffrir de DE est deux à trois fois plus élevé chez les personnes atteintes de diabète de type 2 que chez celles qui n’en souffrent pas.

Jusqu’à présent, les preuves appuyant ce lien entre le diabète de type 2 et le dysfonctionnement érectile n’ont été que d’ordre observationnel, ce qui signifie que les chercheurs n’ont pu établir la causalité.

Cependant, une nouvelle étude renforce le lien entre les deux conditions, et confirme qu’une prédisposition génétique au diabète de type 2 peut conduire à une DE. Les résultats s’ajoutent également aux preuves de plus en plus nombreuses que certains sites génétiques associent à la dysfonction érectile.

Anna Murray, professeure agrégée à la faculté de médecine de l’Université d’Exeter et le professeur Michael Holmes, du Nuffield Department of Population Health de l’Université d’Oxford — tous deux au Royaume-Uni — ont dirigé cette nouvelle recherche.

Réduire le risque de diabète peut prévenir la DE

Murray et ses collègues ont mené une étude dite d’association pangénomique, au cours de laquelle ils ont examiné les données de plus de 220 000 hommes de trois cohortes de population différentes : la Biobank du Royaume-Uni, le Centre estonien du génome de la cohorte de l’Université de Tartu, et la Biobank Partners HealthCare.

Sur le nombre total d’hommes, 6 000 ont connu des difficultés érectiles. Les chercheurs ont utilisé des analyses génétiques complexes pour étudier les relations entre le diabète, le poids corporel et la DE.

« Nous avons découvert qu’une prédisposition génétique au diabète de type 2 est liée au dysfonctionnement érectile », rapporte Murray. Il ajoute : « Cela peut signifier que si une personne peut réduire leur risque de diabète en adoptant un mode de vie plus sain, elle peut aussi éviter le développement d’un dysfonctionnement érectile ».

Toujours selon les chercheurs, la dysfonction érectile n’est pas une conséquence du traitement du diabète. Peu d’essais cliniques ont révélé que l’amélioration du contrôle de la glycémie dans le cadre du traitement du diabète a entraîné une DE. Ils déclarent que peu de conclusions sur le lien entre le risque de DE et le traitement du diabète peuvent en être tirées.

« La dysfonction érectile affecte au moins un homme de plus de 60 ans sur cinq, mais jusqu’à présent, on en connaît peu la cause. Notre article fait écho aux récentes découvertes selon lesquelles la cause peut être génétique et va plus loin », explique M. Murray.

Jonas Bovijn, co-premier auteur et doctorant, commente également l’étude en ces termes : « Nous savons qu’il existe des preuves d’observation reliant le dysfonctionnement érectile et le diabète de type 2, mais jusqu’à présent il n’existe aucune preuve définitive démontrant que la prédisposition au diabète de type 2 entraîne un dysfonctionnement érectile ».

Notre découverte est importante, car le diabète est évitable. L’on sait notamment que l’on peut obtenir une « rémission » du diabète avec la perte de poids, comme l’illustrent des essais cliniques récents. Cela va au-delà de la découverte d’un lien génétique à la dysfonction érectile, c’est un message qui est d’une grande importance pour le grand public.

M. Michael Holmes

L’an dernier, Medical News Today a publié des résultats suggérant qu’une perte d’environ 15 kilos (33 livres) entraîne souvent une « rémission totale » du diabète de type 2.

Une autre étude du TMN a montré que la perte de poids sauve les cellules bêta productrices d’insuline, normalisant ainsi le taux de glycémie.