Hypothyroïdie: les symptômes, les causes, le diagnostic et le traitement
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L’hypothyroïdie est le signe d’une insuffisance de production d’hormones par la glande thyroïde (glande en forme de papillon située à la base du cou). Les personnes souffrant d’hypothyroïdie constatent un ralentissement du métabolisme, qui est souvent progressif et donc diagnostiqué tardivement. Le point sur les symptômes, les causes et les traitements de l’hypothyroïdie. 

L’hypothyroïdie est le dysfonctionnement thyroïdien le plus fréquent. Sa prévalence est environ de 2 % de la population générale. L’hypothyroïdie est plus fréquente chez la femme que chez l’homme. Sa prévalence augmente avec l’âge, surtout au-delà de 65 ans.

Qu’est-ce que l’hypothyroïdie?

L’hypothyroïdie est une insuffisance de fabrication d’hormones thyroïdiennes. Elle est le plus souvent due à une atteinte primitive de la glande thyroïde  (hypothyroïdie primaire ou périphérique). Plus rarement, il s’agit d’une insuffisance d’origine centrale d’origine hypophysaire (trouble de la commande et de la régulation de la thyroïde). Le manque d’hormones thyroïdiennes a de multiples effets tissulaires et métaboliques dans l’organisme. 

Causes et facteurs de risque

L’hypothyroïdie est un pathologie fréquente. Elle touche surtout la femme (1 femme sur 100 contre 1 homme sur 1000), et sa fréquence augmente avec l’âge (6 femmes sur 100 de plus de 65 ans).

Les causes sont diverses, par ordre de fréquence:

  • Thyroïdite atrophiquedont le mécanisme exact est inconnu;
  • : maladie auto-immune (présence d’anticorps contre la thyroïde), avec destruction progressive de la glande par inflammation chronique;
  • Causes post-thérapeutiques : iode radioactif, proposé dans le (nodule ou toxique) et dans le complément d’une exérèse chirurgicale de la thyroïde pour cancer, antithyroïdien synthétique, chirurgie thyroïdienne, radiothérapie du cou;
  • Causes de la drogue provoquant une surcharge en iode: principalement (), …;
  • et thyroïdite après la grossesse peut donner une hypothyroïdie transitoire;
  • Anomalies congénitales de la thyroïde, troubles congénitaux de la production d’hormones, carence en iode (« crétinisme »).

Qu’est-ce que l’hypothyroïdie congénitale?

Le terme « congénital » signifie que l’hypothyroïdie est présente à la naissance, même si cela ne donne pas toujours les symptômes. En l’absence de traitement, l’hypothyroïdie congénitale conduit à un retard dans le développement psychomoteur et croissance. Aujourd’hui, elle est systématiquement dépistée à la naissance et très bien soutenue en France.

Les symptômes

L’hypothyroïdie est une pathologie fréquente. Elle touche surtout la femme (1 femme sur 100 contre 1 homme sur 1 000), et sa fréquence augmente avec l’âge (6 femmes sur 100 de plus de 65 ans).

Les causes sont diverses, classées par ordre de fréquence :

  • La thyroïdite atrophique, dont le mécanisme exact est inconnu ;
  • La thyroïdite de Hashimoto : maladie auto-immune (présence d’anticorps dirigés contre la thyroïde), avec destruction progressive de la glande par inflammation chronique ;
  • Les causes post-thérapeutiques : iode radioactif, proposé dans l’hyperthyroïdie (nodule toxique ou maladie de Basedow) et dans le complément d’une exérèse chirurgicale de la thyroïde pour cancer, antithyroïdiens de synthèse, chirurgie de la thyroïde, radiothérapie du cou ;
  • Les causes médicamenteuses provoquant une surcharge en iode : amiodarone principalement (Cordarone), lithium… ;
  • La thyroïdite subaiguë et la thyroïdite après la grossesse pouvant donner une hypothyroïdie transitoire ;
  • Les anomalies congénitales de la thyroïde, troubles congénitaux de la fabrication des hormones, carence en iode (« crétinisme »).

La consultation et le diagnostic

Le médecin recherche un goitre, c’est-à-dire une augmentation du corps de la glande thyroïde, global ou localisé, ferme, mou, ou dur, voire inflammatoire, ce qui lui donnera des indications quant à la cause de l’hypothyroïdie. L’examen clinique pourra retrouver les symptômes décrits ci-dessus : une diminution ou abolition des réflexes ostéo-tendineux, un rythme cardiaque ralenti (bradycardie), un assourdissement des bruits du cœur…

Le diagnostic différentiel

Il ne faut pas confondre l’hypothyroïdie avec le syndrome des « basses hormones thyroïdiennes ». Il s’agit d’un taux bas d’hormones thyroïdiennes (le plus souvent la T3), avec un taux de TSH normal. Il survient en général chez des sujets gravement malades : réanimation, brûlures, dénutrition, maladies cancéreuses très évoluées… Il ne s’agit pas d’hypothyroïdie, il n’existe pas de déficit d’hormones au niveau des organes et tissus, et cela ne justifie pas de traitement substitutif.

Les examens et les analyses complémentaires

Les examens et analyses complémentaires de l’hypothyroïdie sont multiples.

Les examens et les analyses complémentaires de l’hypothyroïdie sont multiples.

LE BILAN SANGUIN

  • Le dosage de TSH, qui est le premier marqueur à se modifier, et qui suffit en général au dépistage de l’hypothyroïdie (son taux s’élève) ;
  • Le dosage des hormones thyroïdiennes (T4 et accessoirement T3 libres), qui indique la profondeur du déficit (normales au début, puis abaissées) ;
  • Un dosage des anticorps antithyroïdiens sera positif, principalement en cas d’origine auto-immune (thyroïdite de Hashimoto) ;

Le bilan biologique standard peut montrer une anémie, des troubles de la coagulation, une hypercholestérolémie, des troubles ioniques ou encore une augmentation des enzymes musculaires.

LES EXAMENS MORPHOLOGIQUES

Une échographie peut être réalisée, elle précisera les dimensions de la thyroïde, avec étude de sa structure. Les examens isotopiques à l’iode radioactif comme la scintigraphie thyroïdienne ne sont indiqués qu’en fonction de la situation clinique (goitre nodulaire).

Évolution et complications

L’évolution d’une hypothyroïdie peut être grave en l’absence de traitement. Plusieurs complications peuvent survenir :

  • Les complications cardiovasculaires : cardiomégalie (augmentation de la taille du cœur), péricardite (inflammation de la paroi cardiaque avec présence de liquide), angine de poitrine avec risque d’infarctus du myocarde ;
  • Le coma myxodémateux : en particulier chez le sujet âgé, après des événements tels que infection, anesthésie, prise de sédatifs. Sont souvent associés une hypothermie, une bradycardie importante, des troubles respiratoires et des troubles biologiques majeurs. La mortalité de ce tableau est de 50 %.

LES RISQUES DE L’HYPOTHYROÏDIE PENDANT LA GROSSESSE

Si l’hypothyroïdie maternelle est non traitée, elle peut provoquer une fausse couche, une hypertension artérielle, une prééclampsie (hypertension artérielle avec présence excessive de protéines dans les urines) ou une hémorragie du post-partum. Le développement du système nerveux fœtal étant dépendant des hormones maternelles durant le 1er trimestre de grossesse, l’hypothyroïdie maternelle peut également engendrer des troubles du développement neuro-intellectuel de l’enfant ou une hypotrophie (diminution du volume ou du poids d’un tissu, d’un organe..). Il convient donc de la détecter précocement (voir plus bas).

Traitement

Le traitement de l’hypothyroïdie est basé sur la prise d’hormones thyroïdiennes (hormonothérapie substitutive) sous forme de thyroxine. La mise en route du traitement est toujours progressive, car elle peut entraîner des troubles cardiaques quand l’hypothyroïdie est profonde, ancienne, survenant chez des sujets âgés ou cardiaques. Dans ce cas, le traitement est souvent débuté au cours d’une hospitalisation. Le médecin peut prévenir les risques coronariens par la prescription de bêta-bloquants.

Par la suite, le traitement est adapté progressivement, en fonction des résultats biologiques. C’est un traitement qui en général est à prendre à vie.

Vivre avec une hypothyroïdie

Une bonne hygiène de vie combinée à un suivi médical et un traitement efficace font disparaître les symptômes de la maladie. Pour cela, il est primordial de :

  • Respecter les rendez-vous médicaux et les examens ;
  • Prendre son traitement sérieusement, ne pas faire de changement seul ;
  • Demander son avis au médecin pour prendre un autre traitement ;
  • Informer le personnel médical de sa maladie lors d’un examen ;
  • Consulter son médecin si des symptômes anormaux apparaissent ;
  • Manger équilibré ;
  • Faire une activité douce : marche, natation…