La syllogomanie : une maladie handicapante peu connue

La syllogomanie : une maladie handicapante peu connue
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La syllogomanie est un trouble mental appartenant à la catégorie des troubles obsessionnels compulsifs (TOC) d’après une classification de l’Association américaine de psychiatrie. La syllogomanie encore qualifiée de thésaurisation pathologique (voir ici) renvoie à l’accumulation excessive d’objets inutiles et de valeur marchande nulle. Les personnes atteintes de syllogomanie se trouvent dans l’incapacité de se défaire des objets et de les jeter à la poubelle du fait de l’angoisse et de la souffrance qu’ils éprouveraient en agissant ainsi.

L’accumulation d’objets devient ainsi compulsive et devient préoccupante au fil des ans du fait du chaos et de l’encombrement qui s’installent dans la maison. Le syndrome de Diogène constitue une forme plus avancée de syllogomanie qui renvoie en plus de l’accumulation d’objets, à des situations d’insalubrité dans la maison et à une hygiène corporelle négligée chez la personne qui souffre de ce syndrome. Les objets accumulés peuvent être des journaux et magazines, de vieux appareils électroménagers, des vêtements, de la vaisselle etc. Ce phénomène pathologique concernerait entre 2 et 5% de la population, les personnes concernées sont des individus ayant atteint au moins la cinquantaine.

Cette pathologie n’est pas sans conséquences sur le bien-être physique et psychique de la personne qui en souffre. Ses causes ne sont pas encore clairement établies par la communauté scientifique.

A quoi reconnaît-on une personne atteinte de syllogomanie ?

La syllogomanie se manifeste par certains symptômes liés à la pathologie. Le principal symptôme est l’accumulation excessive d’objets qui ne présente aucune valeur ni aucune utilité. A cette accumulation s’attache un besoin compulsif de garder ses objets et la souffrance que l’individu éprouverait si elle devait être privée de ces objets. On note également une collection hétéroclite et non cohérente d’objets, la difficulté de trier ces objets. Pour que la syllogomanie puisse être déclarée il faut que ces troubles soient présents depuis au moins six mois. La maison peut rapidement prendre l’allure d’un capharnaüm du fait de l’encombrement causé par les objets qui envahissent l’espace vital de la maison.

Il existe à ce jour un nombre faible d’études qui ont été menées pour établir la prévalence de cette maladie. Toutefois, pour ce qui concerne l’Hexagone, on estime qu’il y aurait environ 200.000 personnes qui ont au moins une fois dans leur vie souffert du phénomène de syllogomanie. Les hommes seraient plus touchés que les femmes.

Quelles peuvent être les causes de la syllogomanie ?

A ce jour il n’existe pas de certitudes émanant d’études scientifiques éprouvées sur les causes de la syllogomanie. Cependant, certaines hypothèses ont été avancées sur les causes possibles de la pathologie. Notons d’abord que le syllogomanie peut être une conséquence du syndrome de Diogène. Cette maladie conduit ceux qui en souffrent à avoir des conditions de vie insalubres et à s’isoler sur le plan social du fait de la honte que les individus qui en souffrent éprouvent à cause de l’état de leur maison.

La cause peut aussi être liée également à la perte d’un être cher due à un décès ou un divorce, l’individu cherche alors à remplir le vide affectif en accumulant des objets lui procurant ainsi un semblant de sentiment de sécurité.

La syllogomanie comporte-t-elle des risques ?

La syllogomanie s’accompagne d’un certain nombre de conséquences sur le plan social, matériel et psychique. Sur le plan social, on observe un isolement de la personne qui aura tendance à faire le vide autour d’elle du fait de la honte éprouvée. Sur le plan matériel, on note un inconfort au niveau de l’habitat ainsi qu’un risque d’incendie. Sur le plan psychique, le syllogomaniaque peut être victime de dépression.

 

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