
Suite d’un précédent article disponible ici.
Mais pourquoi tant de haine ?
Un précédent article de votre blog préféré (Jaibobola bien sûr) explique le principe de l’homéopathie : il repose sur le fait qu’une dilution infime d’un poison permettrait d’aider le corps à réagir contre ce même poison. Les préparations homéopathiques vont jusqu’au 30CH, ce qui correspond à une dilution au 1 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000, c’est à dire au 10^-60 (vous pouvez compter, il y a bien 60 zéros). Afin d’obtenir des petites granules à avaler (vous vous doutez bien que la commercialisation en l’état n’est pas possible !), l’homéopathie utilise des excipients, comme le sucre et le lactose.
En résumé, un granule de Vipera redi 9CH contient :
- du venin de vipère aspic dilué au 10^-18 (avec de l’eau)
- du sucre
- du lactose
Pour sortir son méga scoop, ce « génie » italien a donc probablement fait une enquête au moins aussi approfondie que la mienne…
Bref, tout ça pour pas grand chose, car le principe de l’homéopathie est bien connu, et libre à chacun d’y adhérer ou non. Même si c’est l’effet placebo qui fonctionne sur certains, pourquoi s’en priver puisqu’il y a un effet ? Le fait que ce type de « médicament » soit remboursé par la collectivité française, en revanche, me dérange un peu plus…








17 août 2011 at 20 h 20 min
Au delà de l’homéo, je conseille la lecture d’un article récent de l’association française pour l’information scientifique (afis) qui s’intéresse à « l’effet placébo ».
18 août 2011 at 12 h 23 min
Bonjour,
Il est effectivement pertinent de rappeler que l’effet placebo est un véritable effet ! Son existence a été démontrée et prouvée, mais reste comme toi, Aléatoire ;-)
Bonne journée,
Anne-Claire
17 août 2011 at 21 h 51 min
Etude A : Un médicament d’homéopathie vs Placebo
Etude B : Placebo vs Placebo
= Résultat identique entre ces 2 études randomisées en double aveugle !
Cela me laisse songeur, pas vous ?
Ma réflexion : Pourquoi ne pas délivrer en 2012 via les pharmacies, de véritables placebos qu’on nommerait avec des noms de fantaisie (comme tout médicament) et qui auraient un rapport Bénéfice / Risque équivalent ?
Le risque : Nul
Le bénéfice : Proportionnel à la mémoire de l’eau, elle-même équivalente à l’effet placebo ;)
18 août 2011 at 12 h 50 min
Cher Patient suspicieux,
Je suis moi aussi convaincue de l’effet placebo de l’homéopathie. Cependant, je ne pense pas que des essais cliniques portant sur les médicaments homéopathiques pourraient conclure à un rapport bénéfice / risque équivalent aux médicaments contenant des principes actifs.
Selon moi c’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils ne nécessitent pas d’Autorisation de Mise sur le Marché (et tout le dossier préclinique et clinique qui va avec) mais d’un simple enregistrement auprès de l’Afssaps (sauf pour les médicaments présentant une indication thérapeutique sur l’emballage) ! Voir l’article du CSP.
Ton idée de commercialiser des placebos sous des noms de médicaments est excellente, et certains l’ont déjà eue me semble-t-il… N’est-ce pas ce qu’on appelle de l’homéopathie ? ;-)
Bonne journée,
Anne-Claire
18 août 2011 at 13 h 15 min
Merci pour cette réponse qui ne fait que renforcer ma suspicion ! J’ai encore 2 questions chère Anne-Claire !
La réglementation concernant la publicité est-elle la même ?
J’ai également des doutes car la pub pour les médicaments est je crois limitée que ce soit à la télé, dans la presse ou aussi et surtout dans les vitrines de ma chère et tendre pharmacie…
Au fait, Boiron, c’est une laboratoire pharmaceutique français non ?
Ne me dis pas que le gouvernement pense au Produit Intérieur Brut, au chômage ou aux futures élections présidentielles avant d’oser modifier la loi qui a été mise en place par un certain président du début des années 80 dont je tairai le nom…
Last but not least, Boiron fait des « vrais » médicaments ou que des faux et de la crème pour le corps ?
19 août 2011 at 11 h 27 min
Ouh le vilain ! Tu penses que les médicaments homéopathiques sont tolérés et même remboursés en France car le laboratoire qui les commercialise est français…
Dans le même sens, tu n’oserais quand même pas penser que des médicaments comme Multaq obtiennent des prix (plus que) corrects et un remboursement uniquement car ils sont commercialisés par des laboratoires pharmaceutiques (en l’occurrence Sanofi) ?
Quant à la publicité, la loi distingue 3 cas :
1. Les médicaments listés
2. Les médicaments non listés remboursables
3. Les médicaments non listés non remboursables
L’homéopathie n’est pas listée, ainsi les médicaments non remboursables peuvent faire l’objet de publicité auprès du grand public (Oscillooccinum, Sédatif PC), contrairement aux médicaments remboursables (tube de granules).
Boiron commercialise des produits homéopathiques, pour l’homme ou l’animal, des produits destinés à l’hygiène et au soin, et des compléments alimentaires.
Je dois reconnaître, cher Patient suspicieux, que ton adjectif qualificatif te sied à merveille ;-)
18 août 2011 at 17 h 04 min
Commercialiser un placébo aujourd’hui ne serait pas possible je pense. Ca serait une imposture diversement appréciée par les patients. Oui mais l’homéo alors ? La différence est dans l’emballage : on ne dit pas « c’est un placébo, c’est mieux que rien » on dit « on ne sait pas encore comment mais pourtant ça marche ! » avec tout un argumentaire rodé sur les bébé, les animaux, un folklore sur son histoire et une implantation dans le monde médical depuis des années.
Les autorités de santé en on hérité et risquent d’avoir du mal à s’en débarrasser. Mais le faut-il et le devrait-on ? L’idée suggérée de médicaments placébo a des avantages, ça permet la prise en charge de patient difficiles (enfants, femmes enceintes, polymédicamentés) et/ou pour des pathologies bénignes et sans effets indésirables. La légitimité folklorique de l’homéo permet de mettre en œuvre cette utilisation du placébo. Le problème est que ça implique de mentir au patient, certes pour son propre bien mais il peut à raison s’en offusquer. D’où un malaise pour le praticien.
L’homéo fait parti de l’arsenal thérapeutique utile au praticien conscient de ses limites et capable de faire un diagnostic différentiel pour ne pas la prescrire en dehors de ces limites. Je regrette juste que l’homéopathie ne soit trop souvent qu’une béquille psychologique là ou de la pédagogie et des conseils hygiénodiététiques suffiraient : oui, un rhume ça passe tout seul. Mais peut-on en vouloir aux grands enfants qui croient encore aux magiciens.
19 août 2011 at 11 h 36 min
Je suis d’accord avec toi en tous points !
20 août 2011 at 19 h 26 min
Petite video amusante du Québec qui parle de l’homéo ;)
Infoman S07E10 – Santé Canada et l’Homéopathie